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Sang & vodka

Faisons un post intello, tiens, pour changer.

Je suis depuis le début du mois plongé dans la lecture du chef-d’oeuvre de Mikhaïl Cholokhov, intitulé Le Don paisible. Le titre est trompeur à deux égards : d’abord, le Don est un fleuve qui coule au Sud-Ouest de la Russie et qui, avant de se jeter dans la Mer d’Azov, traverse par moults détours des régions appartenant à certaines communautés Cosaques – les biens nommés Cosaques du Don, en fait, cela pour les différencier des Cosaques Zaporogues.
Ensuite, on ne trouve pas grand-chose de paisible dans ce livre, à part peut-être le fleuve, justement, d’où le titre du bouquin, sans doute, contraste entre les hommes et les éléments, tout ça, tout ça, c’est bien beau mon petit Mikhaïl mais c’est pas avec un titre de ce genre-là que tu vas accrocher le lecteur, tu vois, il lui faut un truc qui tape plus, surtout pour lui donner envie de lire un pavé comme le tien, faut lui dire que ça parle de cul et de guerre, même si je sais bien qu’il y a pas des masses de cul dans ton bouquin, c’est bien dommage d’ailleurs. Par contre de la guerre ! Ah ça mon cochon tu nous as gâté ! Écoute-moi mon petit Cholokhov, tu vas appeler ton bouquin Guerre et Paix ! Ça pète ça, non ? Quoi, déjà pris ? Bon alors pourquoi pas Sang et vodka ? Ouais. C’est du bon ça. Ça va faire frémir la ménagère dans les chaumières.

Malheureusement cette conversation n’a jamais eu lieu et le titre du livre de Mikhaïl Cholokhov est resté le Don paisible. Du coup je me sers de Sang & vodka pour le titre de mon post. Disons-le tout net, je suis bien meilleur que lui pour les titres. J’escompte au demeurant recevoir un Prix Nobel pour ce post. Ou bien juste pour ce titre. Prix Nobel du titre qui en jette. Pour rester au niveau de l’auteur.

En effet, le Don paisible a reçu le Prix Nobel (de littérature, n’est-ce pas) en 1965, ce qui remonte au temps de la guerre froide, c’est louche tout ça, on se demanderait légitimement si cette attribution n’a pas été dictée par des choix plus politiques que littéraires, mais en fait non, c’est quand même un super bouquin, énorme dans tous les sens du terme puisque le Don paisible fait pas loin de 2500 pages. Oui. Quand même. Peut-être bien qu’à l’époque ils donnaient le Nobel au poids. Bon, mais ne vous enfuyez pas pour autant, on n’est pas en train de parler de Proust, là.
Cholokhov est Russe et comme tout écrivain russe qui se respecte, son récit est fort, violent, fluide, immersif. Les descriptions sont rares mais frappantes comme des coups de cravaches. Les personnages sont d’un réalisme à vous faire reculer. Les scènes se succèdent comme des rafales de mitrailleuse et… ah mais… et si je vous parlais de l’histoire même du livre, son essence, sa substantifique moelle.

Le Don paisible raconte l’histoire des Cosaques du Don durant les années troubles de la première guerre mondiale et de la révolution qui s’ensuivit en Russie, transformant le pays et ses habitants pour le siècle à venir (voire pour toujours). Leurs actions, leurs motivations, leurs peurs, leurs epoirs, rien ne sera passé sous silence.
L’action débute dans un village cosaque, à Tatarski. La vie quotidienne et domestique de ses habitants, aux champs, au foyer, à l’église ou ailleurs nous est relatée par le biais de nombreux personnages.
On suit notamment Grigori Mélékhov, fils de Panteleï Mélékhov, qui entretient une relation coupable avec Aksinia, la femme de son voisin. Comme l’histoire débute en 1912 on se doute bien que d’une manière ou d’une autre ça va mal finir, pour notre plus grand plaisir (les Russes c’est comme les Irlandais, on ne les aime que quand ils souffrent). Je ne vais pas vous raconter le livre par le menu mais disons seulement qu’après un bon moment passé dans la stanitsa cosaque (communauté regroupant plusieurs villages) à faire connaissance et se familiariser avec la rudesse des moeurs et du pays, l’atmosphère change et l’on vit avec eux l’angoisse de bouleversements imminents : mobilisation, manoeuvres, tensions avec les Autrichiens de chez Schmidt d’en face…

Ce qui devait arriver arrive finalement, c’est la guerre (hourra !).
La plupart des hommes sont envoyés au combat pendant qu’au village les récoltes pourrissent et les femmes se languissent (non je ne veux pas dire par là qu’elles se font des choses avec la langue pour pallier à l’absence des hommes).
Sur le front, ça rigole pas. Je ne sais pas si vous vous souvenez de vos cours d’histoire sur la première guerre mondiale mais on pouvait compter des centaines de milliers de morts sur une seule journée pour peu qu’il ait fait beau et que le pudding de la cantine ait été appétissant. Ce qui implique que sur la kyrielle de Cosaques qu’on a croisé et dont on a consciencieusement retenu le nom et un semblant d’apparence au début du récit, les 3/4 environ vont se faire descendre en quelques pages. Ça permet d’y voir plus clair, c’est pas plus mal.

Parallèlement aux récits de combats on suit la vie des officiers et des soldats cosaques dans les tranchées (la cavalerie sera rapidement abandonnée, et les Cosaques mis à pied, au profit d’une infanterie campée sur ses positions : tranchées, mitrailleuses, etc… le tout très semblable au front occidental, en fait). Au fil des pages et des mois on sent cependant le mécontentement sourdre dans les rangs russes. L’insubordination se fait de plus en plus fréquente, des fauteurs de troubles distribuent aux soldats des tracts les enjoignant à déserter, altercations et pillages deviennent courants… Les soldats, enhardis par la guerre, l’horreur des combats et la proximité de la mort, rompus au maniement des armes, las de cette guerre qui n’en finit pas et où rien ne bouge, se sentent de plus en plus prêts à tout. La plupart d’entre eux veulent juste rentrer chez eux. D’autres parlent d’injustice, de bourgeoisie, d’une guerre inepte commandée par des dirigeants insensés, d’aristocrates fumant leur pipe au-dessus de cartes d’état-major dans des salons richement décorés pendant que le peuple changé en armée pourrit et crève dans les tranchées pour satisfaire aux plans et aux exigences de Leurs Noblesses.

La guerre russo-japonaise de 1905 avait entraîné de graves troubles, sévèrement réprimés. La guerre de 1914 provoquera l’explosion des ressentiments et aboutira à la Révolution d’Octobre.
Toujours est-il que la plupart des soldats se méfient des Cosaques. En effet ce sont des divisions cosaques qui avaient maté, avec une extrême violence, les émeutes de 1905.

Je ne suis qu’au tiers du bouquin (ce qui fait 800 pages tout de même) et c’est réellement passionnant.
Il est intéressant d’observer les personnages évoluer, avant la guerre, pendant la guerre puis la révolution, de voir leur vie, leurs opinions changer, de voir quel camp chacun choisira lors de la guerre civile. Si certains ont leur avenir tout traçé, d’autres semblent hésiter constamment. Comme je l’ai dit, le style est fluide, ça se lit tout seul, ce qui est caractéristique des romanciers russes, du moins je trouve : on est emporté par un flot narratif tour à tour puissant ou rafraîchissant, mais jamais lourd ou ennuyeux.

En bref, une très bonne lecture que je vous recommande.

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Annonce

Du 4 au 15 novembre le théâtre Varia à Ixelles donne le Révizor, célèbre pièce comique de Gogol. A ne rater bien évidemment sous aucun prétexte.

Extrait :

Dans une ville de province où la corruption règne, l’arrivée d’un réviseur chargé d’inspecter les affaires locales est imminente.
Chacun croit reconnaître l’inspecteur en question dans la personne d’un jeune débauché descendu depuis peu dans l’unique hôtel local.

Partant d’un fait de société, l’auteur dresse un tableau de moeurs universel désopilant en jouant sur tous les registres du comique. Une pièce vivante et truculente.

Sur le fil du Révizor

Si je ne poste pas beaucoup ces jours-ci c’est que je suis dans un trip plus littéraire, pour cause de pleins de bouquins achetés dernièrement.

Force russe

Quelle est la puissance de la Russie aujourd’hui? Une question a laquelle ABC news tente de repondre ici: http://abcnews.go.com/International/story?id=5629836&page=1 .
C’est marrant je suis tente par faire une blague du genre “Je fais tout de meme plus confiance a XYZ news” mais je vais m’abstenir, cette blague est trop pourrie.


Tovaritch ta blaguov est pourritovitch!

Tovaritch Grobatchouf


GORBACHOV: THE MUSIC VIDEO – BIGGER AND RUSSIANER from Tom Stern on Vimeo

LA CHUTE D’UN EMPIRE

J’ai terminé cette épique partie de Civilization, après 30 heures de jeu et d’innombrables cadavres accumulés au cours de siècles de conquêtes, de grandeur, de déclin et de chute.

La paix régnait depuis trop longtemps. Moi, confiant dans mon arsenal nucléaire, je sécurise mes frontières et développe mes infrastructures à l’intérieur de l’empire. J’essaye sans succès de reprendre contact avec les Babyloniens. Un embargo décrété par l’ONU m’empêche de commercer avec eux. Il faut dire que la guerre fait toujours rage entre Hammoubrabi le Babylonien et Mehmet l’Ottoman accompagné de ses vassaux.

Soudain, le drame. Alexandre le Grand me déclare la guerre. Ses troupes avancent sur Yaroslavl. Sans attendre, je balance 4 missiles nucléaires sur ses principales villes. Le monde est sous le choc. Mon âge d’or débute immédiatement après que j’ai nucléarisé ces quatre cités grecques. Je suis flatté.

En dessous, là, c’est Athènes.

Je pensais que ça allait le calmer direct et qu’un traité de paix serait vite signé mais au contraire Alexandre est furieux et me jure qu’il m’écrasera comme un cafard. J’apprécie assez peu la comparaison, du coup j’envoie quelques détachements massifs de chars d’assaut assaillir ses villes à la frontière nord. Je les détruis sans les occuper, d’ailleurs elles étaient pas super bien placées, niveau Feng Shui et tout c’était pas le top, alors bon autant les raser, s’pas ? Alexandre est encore plus vénère mais cette fois il prend sur lui et signe la paix. Je reprend la modernisation de mes villes et de mon armée. Je surveille un peu Mehmet, ça fait quand même un bail qu’on s’est pas frappé la gueule, ça doit lui manquer autant qu’à moi.
Je fais des chars, des bombardiers, encore des chars, je renouvelle ma batterie de missiles nucléaires sans partir dans la production exclusive de ces engins par peur d’une résolution de l’ONU en interdisant l’emploi.

Surprise (ou pas), c’est Brennus le Celte qui dans les années 2000 me déclare la guerre. Ca tombe bien, j’ai de nouveaux jouets à essayer. Je vais pouvoir reprendre Toulouse et terminer la conquête du Nord où un Celte n’a rien à foutre. Toulouse est prestement reprise et fortifiée. Mes hélicos de combat font un malheur. Les bombardiers sont également très efficaces car le Celte n’a pas ou peu d’unités anti-aériennes. Au Nord j’ai plus de mal, Brennus a décidé de mieux défendre ce bout de terrain que son territoire principal, pourquoi pas. Leurs troupes transitent par le territoire Grec avec lesquels ils ont des accords de libre passage. Je perds Ainus, avant de prendre l’autre ville puis de reprendre Ainus. Le Celte refuse toujours la paix, j’hésite à lui balancer une ou deux bombes afin de le convaincre et puis non, c’est pas grave, j’attendrais. Il envoie quelques troupes pour reprendre Toulouse mais se rendant bien compte qu’il n’y arrivera jamais, il vient pour négocier un traité de paix. Magnanime, j’accepte.

Période de paix, donc. De l’autre côté, Mehmet aussi a fait la paix avec Hammourabi. On commence à sentir les effets du réchauffement climatique. Forêts qui disparaissent, plaines transformées en désert, etc…

Je booste encore l’espionnage car les caisses de l’état sont bien remplies et que trop d’opérations de sabotage ennemies sont menées avec succès (dont une incitation à la révolte à St-Pétersbourg qui me reste en travers de la gorge car elle m’a coûté la plupart des aménagements autour de la ville). Mehmet et Hammourabi sont au taquet pour construire leur vaisseau spatial mais j’ai pris trop de retard de ce côté-là.

Et puis, d’un seul coup, un beau matin de 2017, Mehmet me déclare la guerre. Il brise comme un rien mes défenses frontalières. Un citoyen héroïque parcourt le pays pour haranguer les foules, ralliant le peuple contre les Ottomans et déclenchant un nouvel âge d’or de ma civilisation. Cela ne servira malheureusement à rien car il suffira de 10 tours à Mehmet pour m’anéantir complètement. Songez un peu : en 500 ans de guerre les frontières n’avaient pas bougé d’un millimètre et en moins de 10 ans une civilisation glorieuse et raffinée est réduite en poussière. Des nuées de chars modernes envahissent mon territoire. Des parachutistes sont largués aux abords de presques toutes mes villes. Des missiles nucléaires tactiques pleuvent en drache serrée sur quasi tout mon territoire. Bref l’Apocalypse. Un assaut parfaitement mené, je dois rendre cela à Mehmet. Je lui rends aussi tout mon stock de missiles que je balance sur les villes Ottomanes. Sur les côtes Pacifique mes sous-marins détruisent ses aménagements en toute impunité. Tout cela ne suffira pas à faire reculer Mehmet, exacerbant plutôt sa haine. Le territoire du jadis glorieux empire Russe se réduit comme peau de chagrin.


Mehmet est
en grande forme.

Ultime outrage : St Petersbourg puis Moscou tombent aux mains des Français.
La dernière ville à tomber fût Toulouse, conquise par les Byzantins cette fois.

Dans le même temps, en Europe tout le monde se lâche : Gilgamesh attaque le Coréen, les Grecs attaquent les Celtes et tout ce petit monde se balance du missile nucléaire à la pelle. J’applaudis des deux mains.

Je laisse derrière moi une planète exsangue et le souvenir d’un peuple fier et rude qui durant des siècles réussit seul à contenir la menace Ottomane. Je laisse un souvenir, un nom qui inspire la bravoure et l’audace, un nom qu’on murmure dans les veillées à la lueur des retombées radioactives, celui de Pierre le Grand, dit le Cosaque, empereur des Russes.

Les courbes à la fin du jeu. Je fais une chute spectaculaire.

(Au fait Kunshans, ville tant disputée, était au tout début une ville barbare conquise par les Byzantins, puis par moi, puis par Mehmet, puis encore moi, puis encore Mehmet, etc…)

2017, l’apogée de l’empire Russe.

2024, l’empire Russe n’est plus.

CIVILIZATION TON NOM CREPITE COMME UN INCENDIE AU CREPUSCULE

Ahlala les enfants quelle partie ! Sans conteste une des plus éprouvantes qu’il m’ait été donné de jouer. Bien des choses se sont passées depuis le dernier rapport de civ, alors asseyez-vous et ouvrez grands vos oreilles, papi va vous raconter une histoire.

Nous en étions restés vers le milieu du 19ème siècle. Une paix toute relative régnait en Eurasie puisque mon économie restait tournée toute entière dans une logique de guerre, dans le but annoncé de protéger mes frontières mais avec l’espoir secret de constituer une force suffisamment invincible pour balayer une fois pour toute les Ottomans de la surface du globe.

Dix ans après les accords de paix signé avec Mehmet, je me sens prêt. Pensez-donc : au nord comme au sud, dans mes villes fortifiées jouxtant le territoire Ottoman, cinquante unités Cosaques soutenus par cinquante canons, plus une trentaine d’unités d’infanterie en complément défensif. Y a pas à dire, ça impressionne. L’Ouest n’est pas en reste bien sûr puisque je sais qu’attaquer Mehmet à l’Est équivaut à se faire attaquer par le Français et le Byzantin à l’Ouest, ces deux civilisations étant redevenues vassales de l’Ottoman pendant la trêve.

Vers 1870, juste comme j’allais lancer l’offensive, Jules César me déclare la guerre. A vrai dire je suis tellement confiant que je décide de ne pas modifier mes plans et je déclare la guerre à Mehmet le même tour. Mes deux colossales armées sont déjà à pied-d’oeuvre devant les deux villes les plus disputées de l’Histoire : Magadan au nord et Kunshans au sud. Elles ont changé de mains tellement de fois que plus personne ne sait dire qui les a fondé, je doute qu’il y ait même encore des habitants dans l’une ou l’autre. Bon en fait Kunshans était à la base une colonie byzantine isolée que j’ai conquis à la fin de l’antiquité. Par contre pour Magadan je ne suis pas sûr. Je dirais que c’est moi qui l’ai fondée vu sa position, mais le nom du bled fait pas tellement Russe, alors je sais pas. En tout cas, les deux villes sont fermement en territoire Russes après l’assaut. Je consolide les défenses, vérifie qu’à l’ouest, rien de nouveau, et repars à l’assaut. Et là, brutale désillusion. Mes armées sont assaillies de toute part sur le chemin de la prochaine ville Ottomane. C’est le Vietnam. Au nord, j’arrive tant bien que mal à poster mes troupes sur une colline à portée d’une ville bien développée et j’en commence le siège, mais les troupes ottomanes surgies de plusieurs villes adjacentes harcèlent tant et si bien que je suis obligé de me replier sous le feu ennemi pour rallier les renforts qui arrivent par la route de Magadan. Une fois ralliés, pas question d’avancer, nous retournons penauds à Magadan et fortifions.

Que ce revers ne nous empêche pas d’ériger une statue à ma gloire.

Au sud la situation est encore moins glorieuse puisque mes troupes se retrouvent coincées dans le bout de terrain situé entre l’himalaya et l’océan indien, avec l’impossibilité d’avancer puisque d’innombrables troupes ottomanes font face à mes armées. Là aussi, retraite en bon ordre et consolidation des défenses à Kushans. J’avoue que je suis un peu frustré. Ma campagne d’extermination n’aura été qu’une esclandre de plus dans la guerre multiséculaire livrée au traître Ottoman. Las du combat, je propose une Nième trêve à Mehmet qui l’accepte à condition que je lui rende Kushans. Conscient de ma position finalement assez peu avantageuse et sentant la pression combinée des troupes françaises, byzantines et romaines se faire sentir de façon plus appuyée à l’ouest, je conclus l’accord. C’est l’armistice. On se sert la main avec un sourire crispé devant un parterre de journalistes dont une bonne moitié sont en fait des types des services secrets. Le Romain ne tarde pas à comprendre où est son intérêt et accepte le traité de paix que je lui propose, l’obligeant à me verser un lourd tribut à chaque tour.

Je profite de cette inespérée période de paix pour construire des bâtiments dans mes agglomérations, chose qui n’était pas arrivé depuis un bout de temps. Cette longue guerre aura laissé mes villes dans un état piteux, la plupart n’étant plus guère que des casernes de grande taille. Alors je construis un peu partout des bibliothèques, des banques, des universités, des écoles ou bien des marchés. Je relance la recherche et l’espionnage, en gros j’essaye de rattraper le temps perdu. Ma population est en joie, c’est la fête partout, on célèbre ma sagesse et mon sex-appeal, bref c’est l’euphorie, les années folles.

Nous voilà d’ailleurs rendu au vingtième siècle, dans les années 20, et je profite de la conjoncture favorable pour fonder la Sid’s Sushi Corporation, société à but très lucratif de confection et vente de sushis. Tout de suite, c’est l’hystérie. Le sushi se répand et se décline à toutes les sauces, je rachète tout ou presque ce que le monde produit de riz, poisson, coquillages et crustacés. Les gars du marketing font un malheur en pondant des slogans douteux du style ‘Confucius a dit : mangez des sushis’ ou bien ‘Confu-sushi-us, les sushis de la sagesse’.

Un cadre de Sushi Corp fait miroiter au gouverneur de Gépides, petite bourgade minière, les avantages en nature qu’il recevra à l’implantation de la société sur le territoire municipal.

La corporation s’implante dans plusieurs grandes villes, ce qui a pour effet de booster sérieusement leur développement et leur expansion culturelle, lesquelles étaient en stagnation. Par contre mon rêve de fonder une succursale dans chaque ville de mon empire tourne court car mon trésor prend un sérieux coup de barre à cause des prix à l’importation des produits de la mer et du coût net à la fondation d’une succursale.

Les avantages que me donnent, dans chaque ville où elle est implantée, la puissante Sid Sushi Corp. J’en ai 5 de plus aujourd’hui, ce qui revient à 9 sushi-joints en tout pour l’instant. Ca revient cher, malheureusement.

Je développe à ce moment un lien commercial fort avec le Babylonien en Amérique du Nord. Vu la distance qui nous sépare et l’exotisme de nos produits respectifs, les échanges sont lucratifs. Comme il est très puissant lui aussi, j’essaye de le pousser en douce à faire la guerre à Mehmet ou au moins de ternir leurs relations qui ne sont d’ailleurs déjà pas au beau fixe. Peine perdue.

Cette période de bombance ne pouvait pas durer, et dans les années 30, peut-être en 36, Les Grecs, alliés aux Celtes et aux Coréens, tous situés en Europe, me déclarent la guerre. Leurs attaques combinées font très mal. Je perds Toulouse aux Grecs, la reprend aussitôt pour la reperdre le tour d’après, cette fois aux Celtes. Mes troupes se replient sur Yaroslavl où l’on attend l’assaut qui vient par deux côtés. J’espère qu’une initiative du palais apostolique mettra fin à cette guerre entre frères de religion, mais plusieurs résolutions sont lancées et elles sont à chaque fois battues en brèche par les belligérants qui refusent tout net de cesser leur campagne militaire, au risque de s’attirer le ressentiment de tous les autres membres de ce très saint institut (pourtant présidé par Mehmet en personne). Sous les coups redoublés de la coalition européenne et par craindre de perdre Yaroslavl, je me vois dans l’obligation de dégarnir les frontières à l’Est, en espérant sans trop y croire que Mehmet ne profitera pas de l’amoindrissement de mes défenses pour se lancer à la curée. Je dégarnis même beaucoup les défenses car mes ennemis ne semblent pas faiblir malgré la quantité astronomique de troupes que je leur détruis. Curieusement, Mehmet ne se jette pas comme un chien galeux dans le combat.

Embuscade.

J’ai perdu Toulouse mais je prends une autre ville Celte, Andus, au Nord. J’y perds au change car à Toulouse il y avait du charbon et de l’uranium, alors qu’à Andus il y a de beaux pâturages mais c’est tout. Heureusement j’ai une autre source d’uranium dans les montagnes au coeur de mon empire. Je suis d’ailleurs en train de construire mes premiers missiles nucléaires intercontinentaux, lesquels me permettront de posséder un avantage décisif dans la poursuite de cette guerre car mes ennemis actuels sont loin de pouvoir rivaliser technologiquement. (A propos, c’est Mehmet qui termina le premier le projet Manhattan, aussi je garde un oeil sur lui en priant très fort). Deux tours avant que je ne possède ma première bombe, les Grecs, Celtes et Coréens, en bon ordre, arrivent la bouche en coeur pour me proposer la paix. Ah ! Les chiens ! Ils ont de la chance que je préfère garder mes bombes pour un ennemi plus menaçant. Je conclus la trêve à leurs dépens.

Ma première bombe. Comment qu’elle est belle.

Me voilà de nouveau en paix, ça va devenir une habitude dites donc. Enfin c’est une paix très chaude qui voit un déferlement d’actions d’espionnage sur mon territoire : Bâtiments sabotés, aménagements détruits, eau des villes empoisonnée et même un gouverneur assassiné, les agents ennemis sèment la terreur dans les faubourgs russes. Je lance une grande opération de contre-espionnage, construis nombre d’agence de renseignements et parvient finalement à endiguer le flot d’actions barbouzardes en capturant un grand nombre d’agents ennemis.

L’ONU est construite par Hammourabi, ça tombe bien me dis-je car le palais apostolique a prouvé son inutilité durant la dernière guerre, et les premières élections tenues en son sein voient la consécration de… Mehmet comme secrétaire général. Damned. Je suis maudit.

J’ai pourtant, quelques tours plus tard, une occasion de me réjouir. Vient également la réponse à mes questions concernant l’accalmie à l’Est. Mehmet n’est pas tout à coup devenu non-violent (un rapide coup d’oeil aux courbes de puissance m’avait confirmé cela), il préparait tout simplement la guerre. Il engage tout à coup les hostilités avec Hammourabi, le Babylonien. Je me frotte les mains. Depuis le temps que j’attendais cela. Dès le premier tour de guerre une ville Babylonienne tombe en Amérique du Nord entre les mains des Ottomans, j’en conclus qu’il y a eu un débarquement massif là-bas. Ca continue pendant plusieurs tours, je reçois des messages me signalant le lancement de missiles nucléaires tactiques Français, Byzantins ou Ottomans sur le territoire Babylonien. Un ICBM est également largué vers 1960, le premier de la partie. Ils se foutent donc franchement sur la gueule, je suis déçu de ne pas pouvoir assister au spectacle. Mes bombinettes à moi reposent dans leur silos à missiles. J’en fabrique d’autres ça s’use vite ces machins-là. Je dois dire aussi que je dors mieux depuis que je les ai.

Voilà où j’en suis pour le moment. Les frontières de mon empire n’ont pas vraiment bougé mais je suis déjà content d’avoir simplement survécu jusqu’à l’âge nucléaire. Le prochain conflit promet d’être explosif.

(PS : J’aurais abusé des Cosaques sur cette partie, ayant entraîné presque 300 de ces unités spéciales, et perdu plus de 200.)

CIVILIZATION, TON NOM RESONNE COMME UN COUP DE CANON DANS L’AURORE EMBRUMEE

4h de civ aujourd’hui ; je commence à remonter la pente (et j’ai prévu une grande bouteille de coke pour cette nuit parce que j’ai pas beaucoup dormi). Du coup je ne résiste pas à l’envie de vous livrer un exposé exhaustif de mon parcours civilizationnel.

Pierre le Grand, leader du glorieux peuple Russe, décida dans sa grande sagesse, un beau jour de mars – 4000, de fonder Moscou, une fois n’est pas coutume, au bord de la mer, histoire de devenir un bon spot une fois que quelqu’un aura inventé le surf. Nous sommes localisé à peu près au niveau de l’Iran et pas loin du Pakistan, bref là où la guerre coule à flot et où les femmes se voilent. Comme vous le verrez les traditions perdurent. J’envoie des éclaireurs un peu partout histoire de savoir qui sont mes voisins, je tombe vite sur les Français en Arabie Saoudite, les Grecs conduits par Alexandre le Grand en Europe de l’Est, Romains et Byzantins en Afrique et les Celtes en Turquie, ça promet. Côté Est il n’y a que les Ottomans et leur chef Mehmet le Grand, décidément un patronyme répandu, qu’on appellera bientôt Mehmet le Fourbe, vous allez voir pourquoi. Tout ce beau petit monde se fait la bise et se souhaite bonne chance, mais chacun fourbit déjà les armes par-derrière. Vous aurez remarqué qu’on a connu plus cool comme voisins. J’aurais préféré me taper Gandhi à gauche et les Bisounours à droite ça m’aurait reposé.

Mes premiers colons vont directement annexer la fertile Mésopotamie, berceau de la civilisation et des pétro-dollars. J’arrive tant bien que mal à placer trois villes entre le Tigre et l’Euphrate mais bien entendu je ne suis pas le seul à convoiter la région et je me retrouve vite coincé dans un étroit couloir entre le Français au Sud et le Grec au Nord. D’ailleurs le Français se développe un peu trop vite à mon goût. Il est technologiquement en avance sur moi donc je décide de ne pas l’autoriser à traverser mon territoire, espérant ainsi l’étouffer. Il se retrouve donc bloqué sur son bout de désert, bien fait pour sa gueule.

Je m’étends également à l’Est où je rencontre encore peu de présence Ottomane, il faut dire qu’eux ont de la place, ils sont seuls en Asie. J’arrive à me réserver la totalité de l’Inde avant de tomber sur leurs frontières.

En 1020, voilà à quoi ressemble mon territoire :

Notez la ville française isolée ainsi qu’une colonie byzantine perdue, les deux passeront tôt ou tard sous mon giron.

Je profite des beaux jours pour fonder le confucianisme et je répand la bonne parole avec générosité, tant et si bien que je parviens à convaincre plusieurs civilisations de se convertir et à suivre les préceptes de Confuciusovitch. Au final, ce valeureux sage devient le leader spirituel de plus de 40% de la population mondiale, comme l’atteste ce tableau.

Ma population est très dévote, c’est limite du fanatisme à ce niveau-là.

Les jours heureux ne vont pas durer car v’là-t-y pas qu’Alexandre, sans doute échaudé par le mélange vodka-moussaka, me déclare la guerre. On est à peu près en 1200, en plein moyen-âge quoi. Je suis un peu pris de court et le salaud réussit à me prendre la ville de Yaroslavl, au nord-ouest de la Turquie. Les Grecs n’ont qu’une seule ressource en fer alors pendant que je prépare une force de contre-attaque j’envoie des espions saboter les mines en question. Bien entendu des ouvriers s’empressent de les reconstruire mais j’ai suffisamment d’espions pour saboter les aménagements miniers dès qu’ils sont terminés. Du coup, Alexandre ne m’envoie plus de chevaliers, seulement des troupes de merde genre archers et guerriers avec hache et je peux reprendre ma ville sans problèmes. Je me prépare à fondre sur ses propres agglomérations quand Mehmet décide que c’est le bon moment pour m’attaquer, cet enfoiré (Mehmet l’enfoiré fût également un de ses patronymes à l’âge médiéval). Je conclus une trêve avec Alexandre, je ramène mes troupes vers l’Est juste à temps pour éviter la perte de Yakoutsk à l’extrême-Est de l’Inde, puis je marche vers la première ville ottomane. Une fois celle-ci prise, je décide de m’en tenir là pour le moment (je vais même jusqu’à rendre sa ville à Mehmet pour conclure une paix ma foi bien fragile) car depuis quelques tours un projet me trotte dans la tête. Au Nord de l’Himalaya il n’y a rien. Des forêts, de la toundra, de la neige, c’est tout. Si je laisse faire c’est clair que Mehmet va s’installer et petit à petit m’encercler. Je décide de le prendre de vitesse et me lance dans la colonisation accélérée de la Sibérie. Evidemment, personne n’a envie d’aller vivre dans ce coin-là mais quelques exécutions pour l’exemple et des coups de fouet pour les autres décident vite les indécis qui préparent leurs écharpes pour le grand Nord. Et ouais les gars, c’est niqué pour le surf, mettez-vous au ski. J’envoie la blinde de travailleurs préparer le terrain avec des routes, tous mes colons sont escortés, l’avancée est massive. Une fois les villes bâties la quantité d’arbres à couper autour me permet de booster la production à peu de frais et je me retrouve plus vite que je ne l’aurais espéré avec 3 fois la superficie de mon terrain initial et des villes qui ont atteint 10 ou plus en un rien de temps.
Comme prévu je me recogne à Mehmet à l’Est qui a lui aussi commencé la colonisation des terrains gelés de l’Asie extrême-orientale. C’est la course pour les dernières ressources, j’arrive notamment à lui ravir un gisement de pierres précieuses à la barbe de son propre colon.

De l’autre côté, à l’ouest, les Français commencent à s’impatienter et massent des troupes aux frontières. Mes trois villes du couloir mésopotamien sont largement défendues puisque je m’attends à ce que ça pète d’un instant à l’autre, et ça ne loupe pas, vers 1400 De Gaulle me déclare la guerre, et avec des mousquetaires, qui plus est. Comme de bien entendu, Mehmet profite de l’occasion pour relancer une petite escarmouche, au nord cette fois dans les terres fraîchement conquises de Sibérie.

Prévision pour 1868 : les frenchies sont toujours coincés dans leur bac à sable.

Me voilà pris sur deux fronts, j’apprends d’ailleurs bientôt que de Gaulle est devenu le vassal de Mehmet, quelle pitié, ils n’ont aucune fierté ces Français. Je me propose de les soulager du joug Ottoman, par le sang. En attendant, les troupes françaises s’écrasent sur mes défenses tandis qu’à l’Est les combats stagnent. Tout va bien pour ainsi dire jusqu’à ce que César, qui s’était tenu à carreau jusque là, et Justinien, lui aussi resté sage, décident de s’en mêler et me tombent dessus pour me faire voir qui qui c’est qu’est le plus fort.

Comme promis, ça aura donc bien castagné dans le coin.

Les troupes Ottomanes n’étant pas encore à mes frontières, j’en profite pour pousser l’effort à l’ouest, repousser les premiers assauts Romains et fermer bien vite l’accès entre Afrique et Moyen-Orient à l’aide d’un fort et d’une bonne tripotée de troupes défensives (par ailleurs je me rends alors compte que les forts peuvent servir à passer des bateaux d’une mer à l’autre, comme un canal, c’est pratique, plus besoin de placer une ville sur la case). Les Grecs et les Celtes se mettent de la partie et m’attaquent, assez timidement je dois dire, me forçant tout de même à laisser des troupes en garnison un peu partout sur mes frontières. A ce moment-là, toutes mes villes produisent de la troupe, particulièrement des Cosaques que je viens d’obtenir.

De fiers Cosaques face à la mer.

A peu près au même moment, coup d’éclat de mes espions en terre française. Les Français ont toujours une avance technologique assez gênante pour ma réputation, d’autant qu’une production exclusivement militaire plombe un peu ma recherche. Donc depuis maints tours j’économisais des points d’espionnage pour aller piquer des technologies en France. Mon espion en place à Paris tente de s’approprier le progrès Physique, que mes chercheurs pensent être un truc en rapport avec la guerre, ce qui me convient parfaitement. 4000 points dépensés et mon espion, sans doute saoul, se fait coffrer par les services de contre-espionnage français avant d’avoir pu dérober la technologie. Bravo l’artiste.

A l’est, d’autres espions, plus fiables, m’apprennent que les troupes ottomanes s’acheminent en bon ordre vers le sud du pays. C’est donc à Yakoutsk que ça va péter. Je rassemble tout ce que je peux de cavaliers (les Cosaques vont se révéler une aide inestimable à la bataille qui s’annonce) dans les murs de la ville et attend l’assaut. Au nord de la chaîne himalayenne, un autre groupe de Cosaques (7 ou 8 unités) s’introduit sur le territoire ottoman et pille à tout va. Fermes, mines, cottages, tout est bon. Les forces ottomanes restées en défense ne sont pas assez nombreuses pour défaire un tel groupe de cavalerie, aussi mes soudards chéris agissent en toute impunité. Mehmet trépigne mais je ne fais pas le malin pour autant. Mehmet est puissant.

Courbe militaire de Mehmet en vert sur le graphique. Moi je suis en rouge.

Les troupes ottomanes arrivent finalement chez moi. Et là, je fais gloups. Ils sont nombreux, très nombreux. Ca va saigner. Dur. Sur l’image ci-après, une idée des forces en présence. Une douzaine d’autres Cosaques sont retranchés plus haut, dans une autre ville, prêts à partir en embuscade. Pareils pour les Ottomans, d’autres armées suivent.

A cet instant précis les amis, je ne donnais pas cher de ma peau.

Une fois l’ennemi arrivé près de la ville je lance une charge épique sur la première vague de troupes. Les premiers cavaliers, héroïques, meurent sous le feu ennemi sans aucune chance de vaincre. Je ne faiblis pas et envoie d’autres unités à la charge. Après une hécatombe qui voit près de dix unités cosaques se faire taillader sans espoir par les balles ottomanes je commence enfin à percer et les fusiliers ennemis plient. J’en massacre 7 ou 8 unités, c’est peu, d’autres Cosaques meurent, certains parviennent à se replier. Toutefois, beaucoup réussiront à contourner comme je l’espérais les flancs de l’armée ennemie pour attaquer directement son artillerie. En plus des fusiliers précédemment cités, une dizaine de canons périssent, et une vingtaine d’unités sont endommagées par le débordement. La charge est un succès mais le prix à payer fût des plus lourd. Yakoutsk reste quand même relativement bien défendue (je n’ai pas envoyé mes fusiliers se battre) et la première vague ottomane est défaite, incapable d’assaillir la ville. De nouvelles troupes arrivent. Des renforts sont en place de mon côté également et la deuxième vague d’assaut subira le même sort que la première. Ses armées refluent. Je poursuis les fuyards avec les cavaliers encore en assez bon état pour se permettre du harcèlement. C’est la déroute dans le camp Ottoman. Du coup, les alliés de Mehmet paniquent, les Français puis les Celtes révoquent leur serment d’allégeance et prennent leur indépendance. Je les contacte aussitôt. Le Français accepte de signer un traité de paix (je lui ai pris Lyon entre temps, sa ville isolée), par contre le Celte refuse tout net et, sûrement pour appuyer son propos, me prend Yaroslavl, ville maudite par deux fois tombée. Je conclus une trêve avec Mehmet et renvoie un fort groupe de Cosaques sur le front Celte. Les fous ne semblent pas comprendre ce qui va leur arriver car leur chef refuse toujours de m’adresser la parole. C’est tant pis pour lui. Je reprends prestement Yaroslavl et, grâce à une batterie de canons nouvellement forgés, marche sur Toulouse, ville Celte située en Turquie qui a la particularité de posséder du charbon, ressource qui me fait défaut.
Pif-paf -pouf-bing, je prends Toulouse après un siège de deux tours.


Toulouse, ville fleurie.

Voilà en gros où j’en suis. J’ai les coudées franches à l’ouest où je me suis taillé un bel espace à partir du couloir riquiqui que j’avais au début. A l’Est, ça va encore cogner avec Mehmet mais cette fois je suis prêt. Je continue quand même à faire la blinde de troupes parce que bon niveau militaire je suis encore loin des Ottomans. Je me prépare aussi une flotte parce que le Babylonien (qui contrôle l’Amérique du Nord) commence à ramener pas mal de bateaux dans le coin.

La carte du monde à l’heure actuelle :

On voit que Mehmet a relancé l’effort de contre-espionnage car quelques tours plus tôt j’avais une vue dégagée de son territoire.

Bâton-nous jusqu’au dernier

Il est bien certain qu’aucun pays du monde ne peut se targuer d’avoir d’aussi beaux bâtons que la Russie soviétique. Aussi, dès l’annonce de la disparition des “Beaux Bâtons de Russie”, les nations diverses dépêchèrent leurs guerriers les plus accomplis pour se lancer, à l’image de John Rambo, dans une lutte insensée mais télégénique. La grande Quête des Bâtons a commencé.


Le Japon, prêt à tout pour du bâton, a envoyé pour le représenter Samurai Santa en personne.

La participation de Samurai Santa à cette quête dont on ne sait pas très bien si elle tient de la guerre ou du sport, cette participation donc fait polémique. Le Groënland proteste vigoureusement. Ayant accueilli Santa sur son territoire durant des siècles, le froid pays pensait pouvoir compter sur ses compétences pour cette épreuve. L’appel du Bushido a été le plus fort.

Le Lama Pema, plus connu sous le nom de Rambo jaune, est bien entendu de la partie. Il est d’ailleurs l’un des tout premiers à s’être lancé à la recherche des Bâtons Rouge.


Lama Pema ici en photo avec Samurai Santa.

La présence de ces deux titans dans la course aux bâtons nous promet un spectacle superbe. Toutefois, ils ne seront pas seuls, car s’ils furent les premiers à se lancer à la recherche des bâtons perdus, il fûrent très vite rejoint dans cette aventure par de nombreux fans de Stallone dans son plus grand rôle.

“Adriennnnnne !” Les Suisses ont encore tout compris.

De brillants reporters ont marqué le terrain. Afin de faciliter la tâche des concurrents, diront certaines mauvaises langues.

D’après nos sources et à première vue, il semblerait que les filles du Père Noël détiennent quelques-uns des fameux bâtons (voir photo ci-dessous), ce qui relance la polémique à propos de la présence de Santa dans la course. Le vieux barbu est accusé de tricherie et même traité de communiste par certains aigris. Sans en arriver à de telles extrémités, nous ne pouvons qu’augurer du favoritisme que les filles de Santa peuvent déployer à l’envers de leur papa chéri. En tout cas les filles du Père Noël aiment la jupe courte.
A moins que ce ne soit des Suisses. Ou des Japonaises. Peut-être même des
soviétiques. On ne peut pas vraiment savoir en fait. Le doute plane.


Cette manie de s’habiller en rouge.

Pas sûr de même qu’il s’agisse d’authentiques bâtons de Russie. Nos reporters ont pu se tromper, reluquant les guiboles plutôt que les bâtons. De plus les contrefaçons sont nombreuses et tout le monde y va de son bâton. On en croise tous les jours de plus ou moins tristes exemples.


Au Bangladesh, on reste ancré dans la tradition millénaire du bâton à fracasser la gueule.

Evidemment cela incite à toutes les excentricités et la surenchère est de mise dans le monde du bâton.

Faut toujours qu’il y en ait un qui fasse le malin.

Pourtant, même chez les non-Russes ou fort peu soviétiques, on trouve quelques valeurs sûres en la matière.

Le bâton de berger est parmi les plus demandé.

Ce fait authentique ne doit pas nous faire oublier la triste réalité faite d’exagération, de beauferie et de ridicule.

Disqualifié ! Bâton non-réglementaire. De plus, je rappelle que le port de la jupe est interdit.

Sur ce, il est l’heure d’aller déjeuner. A vous les studios.

Quoi ? On mange chez mamie ?